Perzel : Condensé de Métiers d’Art

À l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art (31 mars, 1er et 2 avril 2017), le magazine Connaissance des Arts présente son hors-série consacré aux métiers d’art en France, dont six belles pages sont dédiées à l’Atelier Jean Perzel.
Retour sur leur reportage, en situation dans nos ateliers au sous-sol du bel immeuble Art déco avec vue sur le parc Montsouris, que l’enseigne occupe depuis 1931.


« Portfolio : Perzel, et la lumière fut »

Depuis 1923, la maison Perzel, bronzier et verrier d’art, produit des luminaires. Ici, on ne connaît ni les séries, ni les rééditions, chaque lampe qui sort des ateliers est une pièce unique, entièrement façonnée dans les sous-sols du bel immeuble Art déco avec vue sur le parc Montsouris.

La lampe 944

La sublime lampe 944 est emblématique, à plus d’un titre, des ateliers d’art Jean Perzel. Créée dans les années 1970 par François Raidt, elle s’inscrit comme l’héritière de la célèbre lampe de collection 144 dessinée en 1926 par le maître, modèle iconique dont les ailes se déploient pour mieux répandre la lumière. Hommage, inspiration, déclinaison, la 944 incarne tout l’esprit des ateliers Perzel et prouve, s’il en est besoin, par ses lignes architecturales, que l’élégance traverse le temps. Signée, comme toute la production de la fabrique, elle est aussi numérotée. À ce jour, cent quatre-vingts exemplaires, dûment portés sur registre, éclairent un salon ou un bureau de par le monde. Derrière elle, on aperçoit le râtelier des profils en bronze et en laiton dont la plupart sont exclusifs à la maison.


La lampe 144

La célébrissime 144, datée 1926, dont les ailettes, une fois refermées, forment un carré, dispense la lumière de façon plus ciblée. Chaque pièce de verre optique, biseautée, est amovible et coulisse de façon indépendante. Ce bijou esthétique est aussi une merveille de haute technologie électrique, garantie par une installation dernier cri en matière de sécurité. Elle resplendit devant un tour de repoussage qui sert à modeler une planche de bronze ou de laiton. La forme voulue est donnée grâce à un mandrin, dont certains, en bois ou en acier, servent depuis les années 1920. Ils ont été dessinés par Jean Perzel lui-même.


Appliques 1252

Les appliques linéaires (ici à double cylindre) sont une invention originale de Jean Perzel en 1928. Ce sont de véritables pièces de collection, dont on voit là les tubes, encore transparents et non taillés ou déjà sablés à la main en double face. Le verre utilisé par les ateliers Perzel n’a rien d’un verre ordinaire. Optique, de qualité cristal, il répand une luminosité exceptionnelle que seule la noblesse du matériau autorise. Le confort de vision, le respect des couleurs qu’il procure ont été une des exigences premières de Jean Perzel. « Une belle lumière change la vie » conclut Olivier Raidt, troisième génération à tenir le flambeau. Perzel, artisan du bonheur ?


La Lampe 514

Tête de lampe en finition argent satiné (toutes les lampes Perzel sont en bronze) avec une coupe en verre optique taillée, bombée et sablée. Par sa ligne svelte, toute en épure, son assemblage parfait et la noblesse de ses matières, la 514 a séduit les années 1930 : elle a été créée et lancée pour le paquebot Normandie. Il ne s’agit pas d’un fait isolé : la maison Perzel a fourni la Société des nations à Genève, les demeures du maharadjah d’Indore et du roi de Siam, la cour de Belgique et tant d’autres célébrités dont le nom demeure soigneusement gardé dans ses archives.


La Lampe 2060 L

Créée en 2016 par Olivier Raidt, la lampe aux dalles de cristal, s’affirme, elle, comme un rappel des appliques et plafonniers qui ont illuminé les années 1970. Sobre, épurée, elle répond aussi en tout point aux exigences du créateur quant à la fonctionnalité de l’éclairage. Avec Perzel, la qualité de lumière, qui peut atteindre jusqu’à 250 watts modulables, permet à une petite lampe d’éclairer 30 à 40 m2, une révolution dans le monde du luminaire. Elle est ici posée sur le lapidaire, grosse meule de plus de quatre-vingt-dix ans, qui sert à tailler et à sculpter le verre optique grâce à la pâte abrasive, composée de silice et d’eau, déversée sur le tour. Tous les compagnons ont fait l’expérience de cette machine, étape nécessaire pour ressentir, comme un diamantaire, l’âme de la matière.


La Lampe 817 M

La 817 M est une enfant de l’après-guerre (années 1950) entrée au patrimoine français : le Mobilier national l’a achetée pour meubler les résidences de l’État. Lampe de bureau, elle peut connaître une vingtaine de finitions : chrome brillant comme ici, mais aussi vernis or, canon de fusil, cuivre rouge, qui changent considérablement son allure et lui permettent de s’adapter à tous les décors. En fond, les casiers où l’on stocke des chutes de verre, datant de 1923 à nos jours, prêtes à être retaillés au diamant, transformées pour des collectionneurs dont la lampe aurait connu un accident.


© Textes par Valérie Bourgault, Photos d’Arnaud Carpentier

Source : Connaissance des Arts Hors Séries Métiers d’Art 2017.

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